Les 5 « I » de l’entreprise, un remake de l’enfance ?

I comme ……. inéluctabilité, irréversibilité, injustice, insatisfaction, inattendu

Ce sont les cinq « I » que le tout jeune enfant rencontre alors qu’il n’est encore qu’un Prince ou une Princesse, et qui le transforment en Crapaud….Ce n’est pas un conte de fée, c’est juste ce qui nous est arrivé, à vous comme à moi, dans les premières années de notre vie. C’est l’histoire que nous enseigne Carlo Moïso [1].

Dans un précédent article qui donnait des pistes pour trouver son « top » personnel et professionnel (son ikigai), je soulignais l’importance d’approfondir la connaissance de soi. En effet, s’il est important d’identifier clairement ses talents et ses moteurs, il est aussi important de repérer les peurs et les drivers qui génèrent chez nous des comportements, des réactions pas franchement désirés et que l’on voudrait modifier.

Eh bien ces peurs et ces drivers, ce qui fait qu’on est ce qu’on est aujourd’hui, à l’âge adulte, avec notre cortège de croyances viennent en partie des cinq « I » de l’enfance. Quand j’écris « croyances », je ne parle pas ici de religion vous l’aurez compris, mais de convictions de type « dans la vie, il faut …. », « je n’ai pas le droit de …. », « il ne faut pas faire de vague… ». Vous voyez ?

Gare aux certitudes qui ont fini par créer des servitudes.

Je me rappelle d’une relation rencontrée lors d’une soirée, qui me disait : « Les commerciaux ? Des voleurs !», et qui, en même temps, s’étonnait de ne pas parvenir à vendre sa production (il était vigneron). ….. gênant, non ?

Aujourd’hui je vous emmène dans un voyage dans le passé lorsque nous avons fait l’expérience des cinq « I ». C’est éclairant pour comprendre certains de nos comportements qui sont parfois la reproduction de schémas relationnels difficiles vécus pendant l’enfance. Dans le premier mois de son existence, le bébé construit son aptitude au bonheur pour peu que son entourage lui prodigue soins et attentions. Plus tard, le jeune enfant, le Prince (la Princesse) fait l’expérience de :

  • L’injustice (les autres ont plus que lui….)
  • L’insatisfaction (ce qu’il reçoit ne correspond pas au besoin qu’il exprime…..)
  • L’inattendu (ce qu’il n’avait pas prévu…..)
  • L’inéluctable (le deuil)
  • L’irréversibilité (c’est fait, il n’a pas le pouvoir de revenir en arrière).

Il éprouve de la souffrance et en tire des conclusions. Il bloque ses besoins, envies, il dévalorise ce qu’il ressent, se voit comme un Crapaud. Il adapte alors son comportement à ce qu’il a compris des réactions de son entourage, met un masque et joue le rôle qu’on attend de lui.

Il choisit en quelque sorte son identité sociale qu’on appelle le « soi public ».

Puis, il interprète et donne du sens aux réponses reçues de son entourage, et construit ses premières « croyances ». Par exemple, pour être admis dans ce groupe, je dois faire ceci ou cela, « je dois écouter les autres, je dois ….. ». Il arrive que certains deviennent ainsi des « caméléons [2] sociaux » réussissant à devenir populaires. Le problème étant que cela se fait au détriment de leurs propres besoins qu’ils étouffent pour plaire aux autres. Bon, c’était un exemple.

En voici deux autres :

L’enfant surpris d’être réprimandé pour avoir manifesté une impulsion, donc en toute spontanéité, peut décider d’adopter un masque lui faisant jouer le rôle de quelqu’un de poli, discipliné (au prix peut-être d’une colère rentrée ?).

L’enfant confronté à l’irréversibilité d’un échec (d’une erreur) peut décider d’adopter un masque lui faisant jouer le rôle de quelqu’un qui s’attache aux résultats et qui vise la réussite (au prix peut-être de faire taire ses émotions ?).

Mais ce n’est pas tout.

Les cinq « I », on les rencontre également dans le monde du travail et de nouvelles croyances s’ajoutent….

Dans l’entreprise, les choses sont plus complexes. Pour faire court, c’est souvent la culture interne, les valeurs prescrites par le top management, qui forgent « ce qui se fait, et ce qui ne se fait pas », c’est-à-dire les représentations (et croyances).

Mais pas que. Il y a bien sûr les expériences que l’on fait soi-même et les leçons que nous en tirons. Et notamment les 5 « I »…..irréversible, inattendu, insatisfaisant, injustice, inéluctable.

Et vous ?

  • En avez-vous rencontré un ou plusieurs de ces cinq « I »?
  • Lesquels ?
  • Qu’en avez-vous tiré comme leçon (interprétation) ?
  • Est-ce que cela pourrait influencer vos actions aujourd’hui ?
  • Est-ce que cela pourrait vous gêner pour atteindre un objectif ?
  • Modifiez-vous votre objectif en fonction de la leçon que vous aviez tiré de votre expérience d’un des cinq « I » ?
  • Et si cette leçon n’existait pas, qu’auriez-vous projeter ?

[1] Psychiatre italien, praticien de l’analyse transactionnelle, 1945-2008

[2] Daniel Goleman, L’intelligence émotionnelle, J’ai lu (développement personnel, bien-être), 2010

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